Edito par Léa Galice, CEO chez Galanck - rapport sentimental sur la situation actuelle Covid-19.

Edito par Léa Galice, CEO chez Galanck - rapport sentimental sur la situation actuelle Covid-19.

Paris, le 19/03/2020,

Nous vivons collectivement quelque chose d'inédit et d'inconnu. En moins d'une semaine, notre imagination s'est transformé en réalité,  et cela a été assez brutal. 

Il y a 11 jours, le 8 mars dernier, je marchais avec 60.000 femmes et hommes dans les rues de Paris. Vendredi dernier, je célébrais l'amitié parmi d'autres qui célébraient l'amitié également. Samedi j'étais à Marseille. Dimanche je rentrais à Paris. Lundi, je retournais chercher mes affaires au travail. Lundi soir, je cherchais le lieu de repli le plus adapté afin de pouvoir continuer correctement à avoir les idées claires en toute sécurité. Je le trouvais finalement mardi midi. Aujourd'hui nous sommes jeudi.

Et vous ? Ça va ?

 

Ne prétendant pas avoir quelque chose de pertinent à dire concernant une consigne de sécurité ou une disponibilité à votre égard qui ne vous est pas nécessaire, c'est de ce que nous ressentons que je souhaiterais vous parler. Pour changer un peu.

 

Rappel des faits : La Chine se confine mais c'est encore trop loin pour être vrai, les US ferment leurs frontières, les filières du tourisme et de l'événementiel s'arrêtent nettes, on n'a plus le droit de s'embrasser, il est inconscient de le faire car nous combattons un ennemi inconnu, contre lequel il serait déplacé et malvenu de faire de la résistance. La désobéissance civile à cet égard à zéro place, elle causerait des désastres terribles. Et il y a visiblement un sujet autour de la disponibilité de PQ en supermarché, qui ne concerne personne que je connais, évidemment.

 

Je suis passée par l'excitation. 

Épiphanie : c'est l'aventure. Tout va changer, c'est le premier jour du reste de nos vies, nous vivons quelque chose d'inédit, un changement dont nous sommes les contemporains, l'histoire est en cours et nous nous en rendons compte. Waouh.

Dans mon esprit les conséquences négatives n'existent pas, l'ennemi est encore silencieux, aucune atrocité ne s'est réalisée pour le moment autour de moi. Ni sociale, ni personnelle. Je le dis car c'est le contexte actuel, pour moi, là tout de suite. Pas pour quelqu'un d'autre, peut-être.

En revanche, les opportunités pour la société, les conséquences positives sur nos vies, nos envies et nos besoins primaires post-événement, explosent devant mes yeux. Et ces solutions il va bien falloir les construire, ça en fait du taffe, et pour tout le monde :) 

Dans les constats, nos dépendances en termes d'alimentation, de consommation énergétique, de biens industriels, de santé, d'allocation de notre temps. Nos dépendances pas au grand capitalisme forcément, nos dépendances à une forme d'inculture à pouvoir répondre plus directement nous-même à nos propres besoins aussi.

Vous aussi vous avez pensé à ça ?

 

Je suis passée par un sentiment dont je n'ai pas encore le nom, disons le bonheur vécu comme une tristesse.

Vient le moment de la décision de confinement. On a été nombreux à se poser la question de trouver le meilleur endroit où passer 45 jours d'affilé sans sortir (ce fameux message de l'attaché parlementaire ou du docteur) et avec qui. Avec qui supporter ça en plus, en moins, en pareil, en différent et à qui imposer un risque de contagion latente ?

J'ai vu des amoureux se séparer mais aussi se mettre ensemble, j'ai vu des amis se dire "à dans longtemps", des vieux se retrouver seuls, des SDF pour qui ça ne changeait rien, des enfants du pays revenir au bercail, des travailleurs fatigués qui avaient prévu de partir souffler et qui ont préféré ne pas le faire, des entrepreneurs licencier des dizaines de personnes, des familles se retrouver ensemble h24, des malades passer au second plan alors que pour eux rien n'a changé, des colocations se créer, des gens s'isoler, tous seuls.

Pour nombre d'entre nous, il a s'agit de faire un choix. Et ce choix il est forcément un peu triste car il nous prive de ce que nous n'avons pas choisi. OK les non-choix ? On vous aime quand même hein, il ne faut pas le prendre personnellement.

 

Le doute, est-ce que tout ça est bien réel ? La peur, est-ce que le pire peut vraiment arriver ? L'espoir, est-ce que ce ne serait pas l'occasion de tout remettre à plat ? La curiosité, et après ? est-ce qu'on fera comme si de rien n'était ? La nostalgie, vous me manquez. La perplexité, qu'est-ce que je ressens, quel impact est-ce en train d'avoir sur moi.

Pas de panique, pas de défiance ! Restons courageux et surtout solidaires. Nous sommes tou.te.s touchés. 

Ce message a simplement pour but de vous dire à quel point nous pensons à chacun.e d'entre vous, à vos proches, à vos familles. Il n'y a pas grand chose d'autre à dire dont vous ne soyez déjà au courant, et pas de légitimité supplémentaire à le faire.

Dans les semaines qui arrivent, nous tenterons de vous écrire des choses intéressantes et différentes de l'actualité actuelle, pourquoi pas d'organiser des réflexions collectives, de continuer à vous faire rire, à penser, à créer.

Nous restons cependant en activité et opérationnels, n'hésitez pas à nous écrire. Nous nous attendons de notre côté à prendre un coup, du fait d'une baisse évidente d'activité, que j'espère nous saurons mettre à profit pour la suite de l'aventure, quelle qu'elle soit.

Bien à vous tou.te.s,

Léa et toute l'équipe GALANCK

Voir le shop

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés